Qui suis-je ?

Je peins des oeuvres abstraites, construites par accumulation, jusqu’à ce qu’un équilibre apparaisse. Chaque toile est unique et faite pour vivre quelque part : un salon, un bureau, une chambre, un lieu qui a besoin d’une présence. 

Je ne cherche pas à représenter. Je cherche à créer quelque chose que l’on a envie de regarder longtemps, et qui continue d’offrir des détails avec le temps. 

J’ai fait des études de droit, et travaillé dans le commerce et le recrutement : des métiers cadrés, des journées qui se ressemblent. Un parcours raisonnable, logique sur le papier, mais dans lequel je ne me reconnaissais pas vraiment. 

Pendant tout ce temps, la peinture était là. Pas comme un projet, ni comme une ambition particulière. Plutôt comme un refuge.

Un endroit où je pouvais créer sans rendre de comptes, expérimenter sans objectif précis, retrouver une forme de calme. 

J’ai d’abord peint du figuratif sans y trouver de vrai plaisir. J’ai compris assez vite que représenter le réel ne m’intéressait pas. J’avais besoin d’un espace plus libre, où la seule question qui compte est : est-ce que ça me plaît ? 

L’abstrait m’a offert cette liberté. 

Comment je travaille 

Je ne pars jamais d’une image à atteindre. Il n’y a pas de croquis préparatoire, pas de vision arrêtée. Je commence par un geste, une couleur posée, une matière testée, et je laisse la toile évoluer. 

Je reviens souvent aux mêmes familles de couleurs : des verts (sauge, vert d’eau, émeraude), des bleus profonds, des ocres et des tons terriens, avec des contrastes de noir et de blanc, que je fais évoluer d’une toile à l’autre selon la matière, les superpositions et la lumière. 

Le travail se fait par couches successives. Je pose, j’observe. Je recouvre, je reviens en arrière. Certaines zones disparaissent entièrement sous d’autres. Parfois, je gratte pour faire réapparaître ce qui était dessous. Beaucoup de tableaux passent par plusieurs versions avant de trouver leur équilibre. D’autres arrivent plus vite, mais c’est plus rare. 

Le processus n’est ni propre ni linéaire.
Il y a des erreurs, des hésitations, des moments où rien ne fonctionne.

Mais c’est souvent dans ce désordre que quelque chose finit par émerger.

Un équilibre que je n’aurais pas pu prévoir au départ.

De loin, de près 

Mes toiles sont pensées pour fonctionner à deux distances. 

De loin, on perçoit une composition d’ensemble : une harmonie de couleurs, une atmosphère, quelque chose qui tient et qui apaise le regard. 

De près, le tableau se révèle autrement. On découvre les couches successives, les traces du geste, les couleurs qui transparaissent sous d’autres. Les repentirs, les accidents gardés, toute la vie de la toile. 

J’aime ce contraste : une oeuvre qui semble simple au premier regard, mais qui continue de se dévoiler avec le temps.